{"id":525,"date":"2019-08-23T11:42:35","date_gmt":"2019-08-23T11:42:35","guid":{"rendered":"https:\/\/toto.denisgodefroy.fr\/?p=525"},"modified":"2019-08-25T16:57:07","modified_gmt":"2019-08-25T16:57:07","slug":"entrevoir-jusquau-seuil","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/entrevoir-jusquau-seuil","title":{"rendered":"Entrevoir jusqu\u2019au seuil\u2026"},"content":{"rendered":"<div id=\"lipsum\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Par le dessin ou par la peinture, Denis Godefroy entrevoit on ne sait quoi, une lueur soudaine et flottante, une \u00e9vidence qui n\u2019est pas nomm\u00e9e, qui n\u2019est pas d\u00e9finissable. Il devine l\u2019intransmissible, l\u2019inracontable. Il soup\u00e7onne quelque chose qui n\u2019a nulle repr\u00e9sentation, nulle figure compl\u00e8te, nulle forme achev\u00e9e, nul sch\u00e9ma, nulle preuve, nulle litt\u00e9rature.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la brume, dans le brouillard, dans la bu\u00e9e, dans les couches superpos\u00e9es, dans les nappes sombres ou blanches, dans les strates empil\u00e9es, dans les surfaces \u00e9gar\u00e9es, il presse une v\u00e9rit\u00e9 ind\u00e9termin\u00e9e. D\u2019une mani\u00e8re d\u00e9tourn\u00e9e, ses \u0153uvres sugg\u00e8rent ce qui est en dehors du concept, en dehors de toute ic\u00f4ne, de toute image, en dehors du conscient, loin des critiques et des th\u00e9ories.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Denis Godefroy ne veut ni prouver, ni d\u00e9montrer, ni illustrer, ni justifier, ni \u00e9tablir. Il disait\u00a0: \u00ab\u00a0Je n\u2019aime pas les preuves, les choses qui font la preuve. J\u2019aime l\u2019\u00e9preuve, mais non pas les preuves.\u00a0\u00bb Les \u00ab\u00a0choses\u00a0\u00bb ne comptent pas pour la peinture. Il se met \u00e0 distance de la r\u00e9alit\u00e9, du fait, de l\u2019objectif. Il veut sentir, exp\u00e9rimenter par l\u2019art. il veut \u00eatre \u00e9mu par l\u2019\u00e9preuve, boulevers\u00e9. L\u2019\u00e9branlement, une certaine fi\u00e8vre l\u2019incitent \u00e0 cr\u00e9er.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Une partie de l\u2019art contemporain (disait-il) m\u2019ennuie parce qu\u2019elle veut prouver, illustrer. Et \u00e7a, \u00e7a ne m\u2019int\u00e9resse pas.\u00a0\u00bb Il a peut-\u00eatre un v\u00e9ritable amour ambivalent de \u00ab\u00a0l\u2019objectif\u00a0\u00bb d\u2019un appareil photographique. L\u2019objectif est un syst\u00e8me optique form\u00e9 de lentilles qui donne des objets photographi\u00e9s une image r\u00e9elle enregistr\u00e9e sur une plaque sensible\u00a0; ainsi, il ne se pr\u00e9occupe ni d\u2019un \u00ab\u00a0syst\u00e8me optique\u00a0\u00bb, ni d\u2019une \u00ab\u00a0image r\u00e9elle\u00a0\u00bb, ni d\u2019un enregistrement. Alors, lorsqu\u2019il accumule des couches, en particulier, lorsqu\u2019il utilise parfois les noirs ou l\u2019or, le tableau \u00ab\u00a0n\u2019est pas photographiable\u00a0\u00bb. Selon lui, l\u2019\u0153uvre est pr\u00e9sente et elle est transform\u00e9e selon les changements de la lumi\u00e8re du lieu et aussi selon l\u2019attention du regard de celui qui la contemple. Il n\u2019y a pas de \u00ab\u00a0reproductions\u00a0\u00bb fid\u00e8les de l\u2019\u0153uvre arr\u00eat\u00e9e et immuable\u00a0: nulle copie, nulle r\u00e9p\u00e9tition, nul double. L\u2019\u0153uvre d\u00e9sire ne pas \u00eatre photographi\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une \u0153uvre de Denis Godefroy serait un passage, un changement d\u2019un \u00e9tat \u00e0 l\u2019autre. Pour qui la regarde, elle change de substance, de propri\u00e9t\u00e9s\u00a0; elle se transmue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les <em>Minoirs<\/em> (1983), sur le papier, Denis Godefroy agit avec patience et passion, tant\u00f4t par addition, tant\u00f4t par soustraction\u00a0; il multiplie douze ou quatorze couches de graphite, puis il agresse, creuse, enl\u00e8ve. Il attaque la surface, ainsi constitu\u00e9e, soit par une ponceuse, soit par un papier de verre mani\u00e9 \u00e0 la main\u00a0; il la raye. Apr\u00e8s l\u2019application des couches de graphite, il utilise des mines de plomb (dures ou tendres), des crayons de couleur, des pastels. Il peut y avoir une douzaine de couleurs, sourdes, difficiles \u00e0 discerner, presque visibles, qui ne sont pas \u00ab\u00a0photographiables\u00a0\u00bb\u00a0; ces couleurs mates, voil\u00e9es, vibrent avec discr\u00e9tion, en des oscillations l\u00e9g\u00e8res, peut-\u00eatre secr\u00e8tes, en des variations att\u00e9nu\u00e9es. En contemplant ces couleurs vibrantes, vous \u00e9coutez une \u00ab\u00a0m\u00e9lodie tr\u00e8s, tr\u00e8s sourde\u00a0\u00bb, proche de la musique r\u00e9p\u00e9titive, celle de Terry Riley ou de Charlemagne Palestine\u00a0: une m\u00e9lodie en noirs inconstants. Souvent, en peignant, Denis Godefroy chantonnait une m\u00e9lop\u00e9e incompr\u00e9hensible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u0153uvre comporte des miroitements, des reflets, une brillance contradictoire, une lueur paradoxale\u00a0: les moires, les aspects ond\u00e9s, chatoyants d\u2019une surface. Denis Godefroy invente ce mot de \u00ab\u00a0minoirs\u00a0\u00bb et nous pensons \u00e0 des noires en mineur, \u00e0 la m\u00e9moire, aux moires, \u00e0 des grimoires \u00e9nigmatiques. Les noirs ambigus et m\u00eal\u00e9s des \u00ab\u00a0minoirs\u00a0\u00bb seraient des surfaces \u00e9quivoques et dangereuses, des miroirs aux alouettes, des miroirs magiques qui feraient appara\u00eetre des vivantes, des morts, des choses absentes, des fant\u00f4mes \u00e9gar\u00e9s. Les \u00ab\u00a0minoirs\u00a0\u00bb seraient des pi\u00e8ges \u00e0 lumi\u00e8re et \u00e0 regards. Les miroirs sont travers\u00e9s de m\u00eame qu\u2019Alice de Lewis Carroll passe la limite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les <em>Minoirs<\/em>, les couches superpos\u00e9es sont des \u00e9pidermes accumul\u00e9s et nul centre n\u2019est jamais trouv\u00e9. Denis Godefroy parlait souvent de l\u2019oignon. \u00ab\u00a0\u00c7a s\u2019\u00e9pluche (disait-il) et on ne trouve jamais le noyau. A la fin, on se retrouve avec rien du tout et les yeux pour pleurer.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Denis Godefroy s\u2019oppose \u00e0 bien des abstraits qui privil\u00e9gient la surface du tableau. Lui, il cherche les dessous, l\u2019\u00ab infra-mince\u00a0\u00bb dont Marcel Duchamp parle. Et Denis Godefroy devine une lumi\u00e8re int\u00e9rieure et profonde \u00e0 travers les dessous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1986, dans ses <em>Nuits d\u2019\u00e9bauche<\/em>, Denis Godefroy entrelace les couches de peinture, les nuits, la mystique et l\u2019\u00e9rotique, les \u00e9bauches, les fantasmes des d\u00e9bauches, les d\u00e9bordements, le libertinage et la libert\u00e9, les flux et les jaillissements, le d\u00e9ferlement des noirs. Denis Godefroy rappelle ses travaux d\u2019artiste\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019histoire des couches et l\u2019histoire des nuits successives qui balaient la pratique des peintres. Le sublime arrive avec la nuit, disait les mystiques\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parfois, les couleurs sugg\u00e8rent le fugace, l\u2019imm\u00e9diat, l\u2019instantan\u00e9, l\u2019intense.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Denis Godefroy entrevoit l\u2019innomm\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 un seuil ind\u00e9fini qui serait la limite flottante de la vie et de la mort. Dans la monographie que vous lisez en ce moment, un texte \u00e9trange, s\u2019intitule <em>Pour fou d\u2019enfer <\/em>(1). Il lie la peinture de Denis Godefroy, le vide et la mort\u00a0: \u00ab\u00a0La surface est un trou d\u2019espace, un vide o\u00f9 les noirs color\u00e9s se brisent, se r\u00e9fractent en la traversant ou s\u2019y r\u00e9fl\u00e9chissent en s\u2019y heurtant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur le seuil, sur le seuil \u2026 Dans <em>L\u2019\u00c9criture et la diff\u00e9rence<\/em> (1967), le philosophe Jacques Derrida commente les textes du po\u00e8te Edmond Jab\u00e8s\u00a0; il unit le seuil et le centre, le bord et la cl\u00e9 de vo\u00fbte, les pr\u00e9liminaires et le pivot incertain. Une origine dans l\u2019origine, un centre dans le centre, c\u2019est l\u2019ab\u00eeme, le sans-fond du redoublement infini\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019ailleurs est en dedans\u2026 Le centre est le puits\u2026 Le centre est le seuil\u2026 O\u00f9 est le centre\u00a0? Sous la cendre\u2026 Le centre est le deuil\u2026 Tout viendrait \u00e0 nous du bout de la nuit, de l\u2019enfance.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1992, Denis Godefroy peint <em>Les Boucliers. <\/em>Ces Boucliers luisent\u00a0; ils ont des \u00e9clats, des \u00e9blouissements, des protections, des sauvegardes. Alors que le regard des Gorgones peut p\u00e9trifier ceux qui s\u2019approchent, Ath\u00e9na donne \u00e0 Pers\u00e9e un bouclier de bronze poli, qui forme miroir, et le monstre, M\u00e9duse, est \u00e0 son tour p\u00e9trifi\u00e9 et d\u00e9capit\u00e9. Dans les jeux de regards, de reflets, de fascinations, l\u2019\u0153il et le bouclier luttent\u00a0: l\u2019attaque et la d\u00e9fense.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 d\u2019autres moments, vers 1990, Denis Godefroy \u00e9coute des chants gr\u00e9goriens ou <em>Le<\/em> <em>Couronnement de Popp\u00e9e<\/em> de Monteverdi. Dans sa voiture arr\u00eat\u00e9e, pendant qu\u2019il dessine \u00e0 travers le pare-brise (ou bien dans un r\u00e9troviseur), les cimes des arbres, leurs troncs, un chemin, une haie, des ronces, qu\u2019il regarde presque en cachette. Il saisit un fragment du territoire et l\u2019esquisse. Dans sa voiture, il est en quelque sorte le voyeur d\u2019un paysage, le mateur des plantes, de la v\u00e9g\u00e9tation devin\u00e9e. Pour lui, l\u2019automobile est, en quelque sorte, l\u2019accessoire n\u00e9cessaire du peintre en plein air\u00a0; elle est l\u2019observatoire \u00e0 travers une vitre, \u00e0 travers un verre\u00a0: \u00ab\u00a0<em>in vitro\u00a0<\/em>\u00bb et non pas \u00ab\u00a0<em>in vivo<\/em>\u00a0\u00bb. Le peintre garde ses distances\u00a0; il se m\u00e9fie de toute fusion, de toute effusion. Il choisit des \u00e9bauches, des annotations du terrain\u00a0; il \u00e9coute par l\u2019ou\u00efe et le jouir, tout en dessinant. Dans <em>Le<\/em> <em>Couronnement de Popp\u00e9e<\/em>, les deux voix des deux amants s\u2019accordent, s\u2019unissent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chaque dessin est une partition libre, souveraine, li\u00e9e \u00e0 une musique ou \u00e0 une vue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un paysage fragment\u00e9, des vo\u00fbtes semblent surgir parmi les frondaisons\u00a0; la for\u00eat et l\u2019architecture s\u2019unissent. Denis Godefroy per\u00e7oit des ogives parmi les arbres. Il dessin des zones obscures et humides ou bien des clairi\u00e8res, des trou\u00e9es lumineuses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Simultan\u00e9ment, il croit imaginer la nudit\u00e9 des femmes dans les bois, \u00e0 demi dissimul\u00e9s. Les feuillages, les ombres sur la chair, la voilent en partie. Il d\u00e9couvre \u00e0 peine des triangles pubiens qui ne sont pas toujours \u00e9quilat\u00e9raux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Entre un pubis et un buisson (disait Denis Godefroy), je ne fais pas de diff\u00e9rence\u2026\u00a0\u00bb Un chemin, un ruisseau, une crevasse, seraient peut-\u00eatre des \u00e9quivalents de la fente d\u2019une femme. Il y a peut-\u00eatre des analogies entre certains dessins de Denis Godefroy et la \u00ab chute d\u2019eau\u00a0\u00bb qui a fascin\u00e9 Marcel Duchamp.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La terre est f\u00e9minine et une femme est un univers. De m\u00eame, dans <em>L\u2019Interpr\u00e9tation des r\u00eaves<\/em> (1900), Sigmund Freud compare un sexe de femme et un paysage \u00e0 la fois \u00e9trange et d\u00e9j\u00e0 connu\u00a0: \u00ab\u00a0Il y a des r\u00eaves de paysage ou de localit\u00e9s qui sont accompagn\u00e9s de la certitude exprim\u00e9e dans le r\u00eave m\u00eame\u00a0: j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 l\u00e0. Mais ce d\u00e9j\u00e0 vu a dans le r\u00eave un sens particulier. Cette localit\u00e9 est toujours l\u2019organe g\u00e9nitale de la m\u00e8re, il n\u2019est point d\u2019autre lieu dont on puisse dire avec autant de certitude qu\u2019on y a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9.\u00a0\u00bb Paysage premier, site originaire, le sexe de la femme est un pays de courbes douces, qui \u00ab\u00a0selon Freud\u00a0\u00bb serait toujours d\u00e9j\u00e0 connu, toujours d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent dans la m\u00e9moire. Dans un souvenir inconscient de l\u2019instant de la naissance\u00a0: un jardin, un paradis. Tu es n\u00e9, tu es sorti d\u2019un antre, d\u2019un ventre, d\u2019un sexe dont tu te souviens vaguement. Tu crois d\u00e9couvrir un seuil, un espace de jouissances, un lieu de secrets, de magies, de s\u00e9ductions vers un tr\u00e9sor, vers un bonheur. Le seuil peut aussi \u00eatre une \u00ab\u00a0bouche d\u2019ombre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l\u2019enfance, dans l\u2019adolescence, chacun de nous (en particulier Denis Godefroy) sugg\u00e8re une chair \u00e9blouie, lumineuse et obscure, des images \u00e9clair\u00e9es, des zones ambigu\u00ebs, une toison pressentie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un de ses entretiens, Denis Godefroy pr\u00e9cise\u00a0: \u00ab\u00a0Il y a du corps qui passe dans la peinture. Il y a du sexuel qui passe dans la peinture. Or, l\u2019Institution nie le sexuel.\u00a0\u00bb Ainsi, dans ses \u0153uvres, l\u2019\u00e9ros et la mort r\u00e9sistent contre la normalisation, contre l\u2019alignement, contre les r\u00e8glements, contre les interdits connus pendant l\u2019enfance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon Denis Godefroy, le sexuel en peinture se situe hors du contr\u00f4le, de la mesure, de la v\u00e9rification, de la surveillance, de la censure. Vers la d\u00e9mesure, vers les transgressions, vers le \u00ab\u00a0sans \u00e9chelle\u00a0\u00bb, vers l\u2019incommensurable, vers l\u2019exc\u00e8s, vers l\u2019exorbitant, vers l\u2019extr\u00eame, Denis Godefroy choisit d\u2019\u00eatre un rebelle, un insoumis, un r\u00e9sistant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi ses derniers travaux, avant sa mort, il dessine la nudit\u00e9 de femmes, qui est une fulguration, un \u00e9clair, une soudainet\u00e9 bouleversante, une perturbation, un vertige. La nudit\u00e9 fascine et aveugle. Ces femmes sont sans dimension, sans \u00e9chelle\u00a0; elles se dressent\u00a0; elles s\u2019\u00e9rigent. Elles n\u2019ont nul visage. La courbe d\u2019une \u00e9paule f\u00e9minine, celles des seins semblent des formes d\u2019ogives impr\u00e9cises, des ovales, des ellipses, le galbe du corps. Ces femmes sont anonymes, myst\u00e9rieuses. Elles gardent leur secret. Elles le garde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans <em>Mon Faust<\/em> (1941), Paul Val\u00e9ry \u00e9nonce deux mots \u00e9nigmatiques\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c9ros \u00e9nergum\u00e8ne\u00a0\u00bb, sans les commenter. Et les dessins de Denis Godefroy \u00e9clairent des nudit\u00e9s radieuses et des d\u00e9concertantes qui se d\u00e9couvrent selon l\u2019\u00c9ros \u00e9nergum\u00e8ne, selon le d\u00e9sir exalt\u00e9, par l\u2019envo\u00fbtement de l\u2019amour. Et Denis Godefroy, sans doute, invente une peinture \u00e9nergum\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Gilbert Lascault<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Denis Godefroy (1949-1997)\u00a0\u00bb<\/em>, France, Somogy \u00c9ditions d&rsquo;Art, 2003, p.19-21.<\/p>\n<\/div>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Notes<\/strong><\/span><\/p>\n<div id=\"lipsum\">\n<p style=\"text-align: justify;\">1 &#8211; Texte in\u00e9dit de Robert Carmyne, Archives Denis Godefroy.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":534,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-525","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-textes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/525","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=525"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/525\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1405,"href":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/525\/revisions\/1405"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/534"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=525"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=525"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=525"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}