{"id":620,"date":"2019-08-26T10:30:43","date_gmt":"2019-08-26T10:30:43","guid":{"rendered":"https:\/\/toto.denisgodefroy.fr\/?p=620"},"modified":"2019-08-27T12:40:45","modified_gmt":"2019-08-27T12:40:45","slug":"huit-notes-sur-les-dessins-de-denis-godefroy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/huit-notes-sur-les-dessins-de-denis-godefroy","title":{"rendered":"Huit notes sur les dessins de Denis Godefroy"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ici, ce sont des notes sur des dessins\u00a0: fragments de r\u00e9flexions, \u00e9vocations rapides de r\u00e9f\u00e9rences et de r\u00eaveries, petits jeux avec les mots, avec les arbres, avec les traits et les surfaces. Et au moment o\u00f9 j\u2019\u00e9cris ces notes, je pense, bien s\u00fbr, \u00e0 des notes d\u2019un autre type\u00a0: chants gr\u00e9goriens ou <em>Le Couronnement de Popp\u00e9e<\/em> de Monteverdi, que Denis Godefroy \u00e9coute dans sa voiture arr\u00eat\u00e9e pendant qu\u2019il dessine, vus \u00e0 travers le pare-brise, les cimes des arbres, leurs troncs, une charrette de foin sur un chemin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ses dessins ont pour origine au moins autant ce que ses oreilles entendent que ce que ses yeux voient. Chaque dessin est une sorte de libre partition, li\u00e9e \u00e0 des musiques autant qu\u2019\u00e0 des vues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>3.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0J\u2019aime le paysage. Je n\u2019aime gu\u00e8re la nature\u00a0\u00bb, me dit Denis Godefroy. Il se m\u00e9fie de toute fusion, de toute effusion. Il n\u2019adh\u00e8re pas \u00e0 la nature. Il ne se perd pas en elle. Il ne se laisse pas aller. Il n\u2019abandonne pas. Il ne colle pas \u00e0 elle. Il ne lui voue pas de culte. Il garde ses distances. Il la regarde depuis l\u2019observatoire mobile que constitue sa voiture, \u00e0 travers une vitre. On pourrait dire que pour lui, l\u2019automobile est l\u2019accessoire n\u00e9cessaire du peintre de plein air.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>4.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Denis Godefroy dit aussi\u00a0: \u00ab\u00a0La nature est un tel bordel qu\u2019on peut en tirer une composition.\u00a0\u00bb Pour dessiner, Denis Godefroy a besoin du chaos. Il part du chaos. Il souhaite rencontrer une situation complexe et qui ne lui pla\u00eet qu\u2019\u00e0 moiti\u00e9. Il en isole des \u00e9l\u00e9ments qui manifestent un certain ordre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>5.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au d\u00e9part, dans ses dessins, les lignes comptaient surtout\u00a0: les traits que constituent les branches. Maintenant, il s\u2019int\u00e9resse de plus en plus aux surfaces, aux \u00e9tagements de plans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>6.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les dessins, des analogies surgissent. Certaines sugg\u00e8rent que la for\u00eat est une architecture. Des vo\u00fbtes s\u2019y laissent deviner dans les frondaisons. Sans peut-\u00eatre le savoir, Denis Godefroy retrouve certaines r\u00eaveries de l\u2019architecture gothique, r\u00eaveries qu\u2019a \u00e9tudi\u00e9es le grand historien d\u2019art Jurgis Baltrusaitis. On citera ici Chateaubriand\u00a0: \u00ab\u00a0Ces vo\u00fbtes cisel\u00e9es en feuillages, ces jambages qui appuient les murs et finissent brusquement comme des troncs bris\u00e9s, la fra\u00eecheur des vo\u00fbtes, les t\u00e9n\u00e8bres du sanctuaire, les ailes obscures, les passages secrets, les portes abaiss\u00e9es, tout retrace les labyrinthes des bois dans les \u00e9glises gothiques.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>7.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019autres jeux de formes permettent d\u2019entrevoir dans les feuillages des fragments de nudit\u00e9s f\u00e9minines, en particulier des triangles pubiens. La for\u00eat est l\u2019espace des d\u00e9sirs \u00e9gar\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>8.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Denis Godefroy n\u2019am\u00e8ne pas de gomme dans sa voiture. Il n\u2019efface jamais. Il rature, il barre, il biffe, il raye. Pour lui, la rature fait partie du trac\u00e9. Il griffonne. Il \u00e9gratigne. Il agresse le papier. Il le griffe. Il y creuse des sillons. Il le marque. Bref, il dessine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Gilbert Lascault<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em style=\"font-size: inherit;\">\u00ab Denis Godefroy (1949-1997) \u00bb<\/em><span style=\"font-size: inherit;\">, France, Somogy \u00c9ditions d\u2019Art, 2003, p.150.<\/span><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":251,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-620","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-textes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/620","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=620"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/620\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":622,"href":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/620\/revisions\/622"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/251"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=620"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=620"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/denisgodefroy.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=620"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}